L’impact de la pénurie de main-d’œuvre sur Jean Émarre…


Développement de carrière, Marché du travail / dimanche, février 11th, 2018

Vous le savez, ça fait 40 ans que le taux de chômage n’a pas été aussi bas. Dans un autre article, j’ai parlé de l’impact de la pénurie de main-d’œuvre sur l’attraction, l’acquisition et la rétention du personnel. Ici, je parle plutôt de l’impact sur le consommateur. Pour ce faire, passons une journée dans la vie de Jean Émarre.

6h30      Jean Émarre pellète sa cour car son déneigeur n’est pas passé. Il se rappelle avoir vu une offre d’emploi sur Facebook indiquant que son déneigeur manquait de chauffeurs. En pénurie de main-d’œuvre, les chauffeurs doivent donc déneiger 140 cours chacun alors qu’ils n’en déneigeaient que 110 quelques années auparavant. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que ça leur prend plus de temps pour compléter leur route…

7h30      Jean Émarre dépose sa fille à la garderie. À son arrivée, la coordonnatrice est frustrée puisque deux éducatrices sont malades aujourd’hui et qu’elle n’a pas de backup. Elle a des normes à respecter quant au ratio d’éducatrices selon le nombre d’enfants présents. Elle a vraiment peur d’être dans la chnoute!

7h55      Jean Émarre va se chercher un café et un sandwich au drive-thru. Le service est vraiment lent. Rendu à la fenêtre, on lui dit qu’il devra patienter dans une place de stationnement et qu’on ira lui porter son sandwich. Le préposé s’excuse et lui dit qu’il y a quelques employés en formation et que le turnover est assez élevé en ce moment…

8h05      Jean Émarre arrive au bureau. Il réalise que la réceptionniste n’est pas là. Comme elle est souvent en retard, ça le surprend peu. Jean Émarre en a plein son casque mais, en pénurie de main-d’œuvre, il faut parfois conserver ses employés les moins performants sous peine d’embaucher encore pire! Recruter les meilleurs talents lui coûterait une beurrée et il n’a tout simplement pas le cash nécessaire pour les embaucher.

12h00   Jean Émarre quitte le bureau pour aller diner. Il glisse sur le trottoir et se fait mal au dos. Journée de mar**! Au resto, les délais sont inacceptables. C’est long pour recevoir son coke. C’est long pour commander son club. C’est long pour recevoir sa bouffe et c’est tout aussi long pour recevoir la facture. La serveuse s’excuse. Elle doit desservir 15 tables plutôt que 12 car le resto est « short on staff »…

14h30    Jean Émarre appelle son chiro pour prendre rendez-vous en raison de sa chute un peu plus tôt. Celui-ci lui dit que son prochain rendez-vous disponible est dans 5 jours. Jean Émarre appelle d’autres spécialistes mais les délais sont encore plus long ailleurs. Il est vraiment découragé…

18h00    Jean Émarre regarde les nouvelles. On y parle de la pénurie de main-d’œuvre et on dit que ça ne va qu’empirer. On parle d’incitatifs à embaucher des personnes immigrantes et des retraités pour combler des postes vacants. On parle de robotisation. On parle de mesures pour inciter les chômeurs à se trouver rapidement un emploi et d’autres mesures pour inciter les gens bénéficiant de l’aide sociale à réintégrer le marché du travail…

Jean Émarre en jase avec sa femme. Ils se disent que, si leurs parents avait fait plus d’enfants, ils n’en seraient peut-être pas là… ouch!

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