Être un boss syndicaliste… ben oui!


Gestion des ressources humaines, Relations du travail / mercredi, mars 28th, 2018

Avant d’être boss, j’étais présidente de mon syndicat local. Mon passage de l’autre côté de la clôture a évidemment laissé un goût amer à certaines personnes. Je le comprends. Néanmoins, ce n’est pas parce que je suis devenue boss que j’ai cessé d’être syndicaliste. Dans mon article d’aujourd’hui, je vous explique pourquoi, selon moi, les syndicats ont leur place dans notre société.

Quand on parle des syndicats, c’est malheureusement bien souvent pour souligner les faits et gestes des pommes pourries. Oui, des pommes pourries, il y en a dans les syndicats. Soyons honnêtes, n’y en a-t-il pas un peu partout? Aucun système social n’est parfait et le système syndical ne l’est pas non plus.

Je suis d’accord qu’il peut parfois être frustrant de travailler en milieu syndiqué. Par exemple, tu peux être limité à un salaire normalisé qui ne reflète pas la juste valeur de ta productivité et qui ne peut pas être négocié individuellement avec ton boss. Dans le même ordre d’idées, tu peux perdre ta job parce que tu as peu d’ancienneté, et ce, même si tu es plus productif que certains travailleurs qui détiennent plus d’ancienneté que toi. Enfin, ton manque d’ancienneté peut représenter une contrainte à tes possibilités d’avancement, et ce, particulièrement lorsque les promotions sont attribuées en fonction du principe « à compétences égales, l’ancienneté prévaut. » Dans de tels cas, si tu n’arrives pas à démontrer à ton boss que tes compétences sont supérieures à celles de tes collègues ou si la description du poste ne requiert pas ton bagage de compétences, tu es fait à l’os.

Néanmoins, j’aimerais rappeler que tout n’est pas noir ou blanc. Il faudrait être vraiment borné et mal renseigné pour ne pas donner à César ce que revient à César. Oui, les syndicats font parfois de sapristis de bons coups. À titre d’exemples, voici 7 luttes très importantes auxquelles les syndicats ont participé au fil des ans : (1) L’assurance-chômage; (2) Les normes du travail; (3) La santé et la sécurité au travail; (4) Les prestations parentales et de maternité; (5) Les garderies subventionnées; (6) L’équité salariale; (7) Les fonds de travailleurs comme le Fonds de solidarité FTQ et le Fondaction de la CSN. Avoue qu’on doit une fière chandelle à nos syndicalistes pour ces bons coups?

De plus, diverses luttes sociales sont présentement en cours de réalisation et la contribution des syndicats ne cesse pas. Je pense notamment à la bonification des prestations du Régime de rentes du Québec, à la gratuité scolaire et au maintien de services de garde abordables.

Comme tu peux le voir, même si tu n’es pas syndiqué, tu bénéficies directement et indirectement de la forte présence syndicale au Québec. Une vision globale s’impose. Par ailleurs, il faut se rappeler que les entreprises dont les travailleurs ne sont pas syndiqués doivent offrir des salaires et conditions de travail qui peuvent concurrencer avec ceux de leurs compétiteurs syndiqués. En ce sens, une forte présence syndicale influence à la hausse les salaires et les conditions de travail de l’ensemble des travailleurs.

Tu crois que le fort taux de présence syndicale au Québec mine la productivité de nos entreprises? C’est faux. Selon une étude canadienne, les salaires réels médians ont à peine augmenté en 30 ans alors que la productivité du travail s’est accrue de près de 40 %.

Sur ce, j’aimerais te rappeler que les syndicalistes sont des militants. Des militants, ça en prend. Es-tu de ceux qui disent qu’on laisse passer trop de choses sans réagir au Québec? Le cas échéant, penses-y deux fois avant de taire les militants syndicaux. Pour en avoir côtoyé plusieurs, je peux t’assurer que le mouvement syndical comprend bon nombre de personnes éduquées et impliquées dans leurs collectivités. L’ouverture d’esprit n’a jamais tué personne mais la passivité par exemple…

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