Le salaire des Québécois : envie, culpabilité, perversité et tabou!


Gestion des ressources humaines, Rémunération globale / samedi, mai 5th, 2018

Au Québec, notre rapport à l’argent est particulier. Courage à celui qui ose dire publiquement que l’argent fait partie de ses valeurs et qu’il désire s’enrichir! Clairement, celui-là ne met pas ses priorités à la bonne place. Il est avare, gratteux et égoïste!

Est-ce que la richesse est un vice? Si on se réfère à ce que nous a enseigné la religion catholique, faire du cash nous mène tout droit vers l’enfer! Jésus laissait souvent entendre qu’il n’était pas possible de servir Dieu et l’argent. Comme les plus grands saints avaient vécu dans la pauvreté, il fallait faire de même. Considérant que la religion catholique a dicté les faits et gestes de nombreuses générations de Québécois, est-ce possible que notre relation à l’argent soit fermement ancrée dans notre culture?

On nous a appris que c’était mal de dire publiquement que l’argent occupait une place importante dans notre vie. Pourtant, lorsque les Québécois sont sondés en toute confidentialité, on réalise que l’argent vient en 2e place en ce qui a trait aux valeurs les plus importantes au travail. Ouch!

Jasons des vraies affaires…

L’argent est essentiel pour minimiser les irritants qui assombrissent nos vies. L’argent nous permet aussi de nous loger, de nous nourrir et de prendre soin des gens qu’on aime. Il faut se rendre à l’évidence : sans argent, notre niveau de bonheur est nécessairement affecté! Toutefois, selon Jacques Forest, psychologue et professeur chercheur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, au-delà d’un certain seuil de richesse, l’argent n’a plus aucun effet sur le bonheur. Selon monsieur Forest, une augmentation de salaire peut accroître notre niveau de bonheur dans la mesure où nous sommes déjà satisfaits de notre emploi. Si ce n’est pas le cas, l’argent est un simple Band Aid qui nous motivera quelques mois de plus.

Quel est le seuil de richesse optimal pour maximiser notre degré de bonheur? Selon une étude conduite par un économiste et un psychologue de l’Université Princeton, le salaire annuel idéal serait de 75 000 $. Ainsi, plus le salaire d’une personne se situerait sous ce point de référence, plus il serait malheureux. Par contre, au-delà de 75 000 $, son degré de bonheur n’augmenterait pas, et ce, que son salaire soit de 80 000 $ ou de 100 000 $. Évidemment, cette étude a été réalisée dans un lieu précis où le coût de la vie n’est pas nécessairement le même que toi. De plus, comme il s’agit d’une étude américaine, il faut aussi prendre en considération que le filet social est très différent du nôtre. Il reste que c’est tout de même très intéressant de s’interroger, n’est-ce pas?

Comme le disait si bien Dave Thomas, le fondateur de Wendy’s, le mot « profit n’est pas un vilain mot. » Selon lui, il n’y avait rien de mal à faire un profit et à être fier de notre succès. « Plus tu as de succès, plus tu peux le partager avec ton équipe et ta communauté, » soutenait-il. Ce n’est pas complètement fou lorsqu’on y pense. Après tout, un philanthrope est un philanthrope, et ce, qu’il soit riche ou qu’il soit pauvre…

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