Allaiter au Parlement, why not?


Développement de carrière, Marché du travail / dimanche, juillet 8th, 2018

En mars 2018, on apprenait que Karina Gould, ministre des Institutions démocratiques, devenait la première ministre fédérale de l’histoire du Canada à donner naissance à un enfant pendant son mandat et à prendre un congé de maternité. Puis, tout récemment, elle devenait aussi la première femme à allaiter au Parlement. Wow! Il est à peu près temps…

Les critiques ont abondé. Certains ont dit que son geste n’était pas nécessaire et qu’il s’agissait d’un coup de publicité. Puis, on a accusé la ministre d’avoir abusé de son pouvoir en allaitant alors qu’elle était rémunérée par les contribuables pour faire son travail. Certaines critiques ont également soutenu que le Parlement n’était pas un endroit approprié pour un enfant, qu’il s’agissait d’un endroit sérieux et non pas d’un cirque. On l’a questionné à savoir pourquoi elle ne faisait pas comme tout le monde en amenant son enfant à la garderie ou encore en prenant un congé de maternité. Please, que quelqu’un sorte le duck tape!

On jase… Saviez-vous que les députés et ministres canadiens ne contribuent pas à l’assurance-emploi et n’ont donc pas officiellement droit à un congé de maternité ou de paternité? Quand on y pense, les 10 semaines de congé que madame Gould a prises ne sont certainement pas de trop. Plutôt que de la critiquer, ne devrions-nous pas la féliciter pour son courage et la remercier d’avoir réintégré son poste rapidement afin de servir nos intérêts?

Dans le même ordre d’idées, vous souvenez-vous de la députée canadienne néo-démocrate Niki Ashton? Elle était aussi passée dans le tordeur en raison de sa maternité et de sa carrière en politique. En 2017, alors qu’elle était enceinte de jumeaux, madame Ashton n’a rien fait de moins que de prendre la course pour le leadership du NPD. Son espoir, avait-elle dit, était de montrer aux autres femmes que la maternité et une carrière en politique n’étaient pas incompatibles. Selon elle, une femme n’avait pas à choisir entre sa carrière et une vie de famille. Elle pouvait avoir les deux. Why not?

Dites-moi, avez-vous déjà entendu parler de Licia Ronzulli? En 2010, alors qu’elle était députée au Parlement européen, elle y avait allaité sa fille de 6 semaines. Pour elle, il s’agissait d’un moyen de militer pour une meilleure conciliation travail-famille. Madame Ronzulli abondait dans le même sens que Niki Ashton : « On pousse les femmes à étudier et à avoir un travail intéressant. Puis, finalement, elles doivent choisir entre leur carrière et leur vie privée. Les femmes ne devraient pas avoir à choisir. »

Enfin, Larissa Waters, une sénatrice australienne, avait aussi allaité en plein Parlement. Elle n’y voyait pas de problème. Selon elle, son bébé « allait probablement se comporter mieux que beaucoup de gens dans la pièce. » Ses propos m’ont fait rigoler. Par compte, quand on y pense, ce n’est pas si fou que ça, right?

Allaiter au Parlement, why not? Les femmes ont, plus que jamais, une place sur le marché du travail. En pénurie de main-d’œuvre, nos élus doivent faire ce qui n’a jamais été fait pour permettre à un maximum de femmes de décrocher un emploi et de s’y maintenir. Si on empêche nos politiciennes d’avoir une vision progressiste de la maternité, comment pouvons-nous demander à notre gouvernement de mettre en place des mesures novatrices en matière de conciliation travail-famille? Soyons logiques…

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