L’esclavage des temps modernes : les travailleurs clandestins au Québec!


Développement de carrière, Marché du travail / dimanche, juillet 15th, 2018

Ils n’ont pas de papiers. Ils travaillent en entretien ménager, en cueillette et emballage de petits fruits, en entrepôts et dans des abattoirs. Ils travaillent souvent 7 jours par semaine et de longues heures pour une rémunération moindre que le salaire minimum. Ils se font payer cash car ils ne peuvent pas détenir un compte bancaire. Ils font la job sale que personne ne veut faire. Ils travaillent parfois dans des environnements qui mettent en danger leur santé et leur sécurité. Ils sont des travailleurs clandestins. Ils sont les esclaves des temps modernes.

En 2017, une journaliste s’était donnée comme mission d’infiltrer des agences de placement fantômes offrant du travail au noir à l’insu ou avec l’accord tacite des employeurs. Elle avait pour objectif de vérifier à quel point il était facile de trouver du travail à Montréal si un travailleur n’avait pas de papiers. Ça s’est avéré un véritable jeu d’enfants! Aux dires de la journaliste, les travailleurs clandestins étaient même parfois embauchés sans qu’on leur demande leur nom! Oui, ça se passe comme ça dans notre cour!

Toujours selon cette journaliste, comme ils ne peuvent pas se procurer un permis de conduire, on les embarque dans un autobus à certains endroits clés de Montréal, tels que des stationnements de stations-service ou des stations de métro. Puis, on les transporte sans même leur dire où ils se rendent. Scary!

Selon l’Institut de recherche en santé publique de Montréal, 70% des sans-papiers de Montréal ont peine à combler leurs besoins de base ainsi que ceux de leur famille. 40% craignent d’être déportés s’ils tentent d’accéder à des services publics. Pour cette raison, ils n’ont pas tendance à réagir aux abus qu’ils subissent. Ils sont d’une grande vulnérabilité. Les employeurs le savent très bien et ils n’hésitent pas à exploiter cette vulnérabilité. Ces travailleurs n’iront pas se plaindre aux Normes du travail. Ils ne déposeront pas une réclamation à la CSST. Ils ne partiront pas en congé de maternité. Ils ne prendront pas de congé de maladie ni de vacances.

Avec le nombre grandissant de personnes immigrantes qui se réfugient au Canada en provenance des États-Unis, il importe de se pencher sérieusement sur cette problématique et de se mettre en mode solutions. Selon François Crépeau, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme des migrants, « il faut ouvrir les frontières, donner beaucoup plus de visas de travail et accepter que des migrants prennent des emplois légaux. Il faut obliger les employeurs à verser un salaire juste et avoir une concurrence sur la qualité des produits plutôt que sur le coût de la main-d’œuvre. »

On jase… Si les entreprises n’ont plus accès à du cheap labour et que les Québécois refusent de faire la job proposée, celles-ci devront nécessairement revoir leur modèle d’affaires, right? Est-ce réellement si simple que ça? Le travail au noir, ce n’est pas une bataille qui date d’hier. Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que des mesures concrètes pourraient être prises afin de contrer l’esclavage des temps modernes? Si oui, lesquelles?

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